Sanzy Viani: «Je ne peux pas me séparer du Bikutsi»

L’une des rares artistes camerounaises à avoir fait la comédie musicale en Europe, nous ouvre son univers artistique.  

Sanzy Viani. (ph) www.assorac.com
Sanzy Viani. (ph) www.assorac.com

Chacun de nous a sa propre définition de la culture. Comment la définissez-vous ?
Pour moi, la culture est cet ensemble de valeurs, de normes, de mœurs, de connaissances et de procédés qui, agencés de x ou y façons, donnent à une société sa particularité.

Qui est réellement Sanzy Viany ?
Sanzy Viany est une jeune femme camerounaise originaire de la région du centre. Fille du clan " essele « de la tribu des “Eton” », elle et une passionnée de musique. Est la sixième d'une fratrie de neuf enfants. Vient de mettre au monde un fils qui a déjà quatre mois et qu'elle pouponne tout en restant concentrée sur son travail. Elle affectionne les moments de fou rire en famille et en amitié. Aime faire la cuisine. L'okok et le eru sont deux plats traditionnels camerounais qu'elle aime particulièrement. Est titulaire d'une maîtrise en Droit des affaires.

Quel est le rythme dont vous ne pouvez-vous séparer ?
Je ne peux pas me séparer du bikutsi, rythme traditionnel de chez moi qui demeure ma base, mais il y a aussi le jazz dont je me sépare difficilement.

Parlez-nous un peu de votre carrière. Depuis quand chantez-vous ?
Je chante depuis toute petite. Ma maman chante, ma grand-mère chante aussi. Parmi mes oncles maternels, certains jouent au balafon et d’autres chantent.
Par la grâce de Dieu, j'ai composé ma première chanson à 9 ans. Toutefois, ma carrière a vraiment commencé il ya 12 ans. J'ai commencé à faire des studios et des petites scènes comme choriste. Mais en 2007, je commence à bosser sur les chansons d'AKOUMA mon premier album qui sortira en 2009 et qui m'a fait connaitre et me permet de faire des tournées jusqu'à ce jour. En 2010, j’ai fait une tournée avec le projet de comédie musicale ’’DAUGHTERS OF AFRICA’’ dans tout le territoire Hollandais (Pays-Bas) et cette expérience a donné un vrai coup de pouce à ma carrière et même à mon évolution artistique.

Quels sont les thèmes que vous développez dans vos chansons ?
Dans mes chansons, je développe les thèmes tel que : La dénonciation de la pratique de la promotion canapé ; la nécessité de demander pardon a ses parents ; la bonté et la souveraineté de Dieu ; le respect de la femme rurale en tant que femme importante dans la société ; La douleur de la séparation en amour ; L'ambition de réussir dans la vie ; La transformation que l'amour opère sur l'être humain ; La haine de la belle famille ; Savoir se battre seul avant d'attendre quelque chose des autres ; Les illusions de l'amour et de l'amitié.

Avez-vous des regrets, dans votre vie artistique ?
Je ne sais pas si j'ai des regrets quant a mon travail car, je pense que chaque erreur ou mauvaise expérience concours à mon apprentissage et à mon évolution artistique et humaine. Toutefois, je regrette le décès de mon bassiste et chef d’orchestre « FASER » qui était un pilier énorme pour moi, mon meilleur ami et directeur artistique sans pareil. Son absence est inexplicable tant dans ma vie artistique que dans ma vie tout court mais il faut bien avancer... l'Eternel est souverain, en toute chose.

Parlez-nous de vos grands moments de culture ?
Holala lala !!! J'ai tellement de grands moments dans ma tête et dans mon cœur. Sil faut faire un tri, je parlerais du jour où enfin mon premier album est sorti ! J'étais encore étudiante... imaginez la joie !On a le casting international au Kenya, pour le projet « daugthers of Africa » qui était intense. Il y avait des voix magnifique de partout qui méritaient de se retrouver dans ce projet qui m'a fait faire le tour des théâtres hollandais. 90 dates en trois mois environ. Une expérience que je souhaite à tous. On a le moment ou j'ai chanté avec Ismaëlo, lors du festival balafon au Benin. On a mon dernier spectacle à l'Institut français de Yaoundé au Cameroun. La communion avec le public était intense. Il y a aussi ma rencontre avec Koffi Annan (l’ex-secrétaire général de l’ONU ndlr) en Hollande lors d'une conférence Internationale. Je me sentais fier de représenter le Cameroun en si haut lieu. Il y en a tellement que je m'arrête là !

Avec quelles personnalités artistiques avez-vous déjà travaillé dans le monde ?
J’ai travaillé avec Henri Dikongue, Krotal, Queen Eteme, Sissi Dipoko, feu Bébé Manga, Manu Dibango, Kareyce Fotso, Ismaelo du Sénégal, Amy Koita du Mali, Monique Seka de la Côte d'Ivoire

Que veut dire « Minga Atan » ? Quel est le message principal de cette chanson ?
" Minga atan " signifie la femme rurale et le message principal de cette chanson est que la femme rurale est plus que celle qui va aux champs tout en se limitant aux travaux ménagers

Quels sont vos projets artistiques ?
La sortie officielle de mon deuxième album, d’ici à avril si Dieu le veut bien ; le tournage des premiers clips de l'album à venir ; terminer l'écriture de ma 2eme pièce de théâtre musicale « la veuve blanche » ; Organiser la quatrième édition du festival « DEMAIN AU FEMININ » en août ; Organiser la gestion des programmations du festival international Rific (rencontres internationales des films courts).

Quels messages voulez-vous partager avec la jeunesse qui écoute vos œuvres ?
Si je peux partager des messages à la jeunesse qui m’écoute, c'est avant tout que je la remercie de m'écouter et d'aimer mon travail. Ensuite, je dirai que le travail bien fait n'est jamais ingrat. La facilité dans laquelle certains jeunes voudraient basculer n'apporte rien de bien à long terme. La musique n'est pas un secteur que l'on choisit parce qu'on a tout essayé et rien n'a marché, c'est un métier honorable qu'il faut respecter. Enfin, je dirai que la confiance en soi même et en Dieu est essentiel pour avancer aussi. Merci beaucoup.

 

Par Michel Tagne Foko

 

Source: JournalDuCameroun.com

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