A’salfo : « il y aura du mbalakh, de la rumba, du reggae, et bien plus encore au FEMUA 2023 »
Le Festival des Musiques Urbaines d'Anoumabo (FEMUA), est l'un des événements culturels les plus importants de Côte d'Ivoire et d'Afrique de l'Ouest.
Cette année, il se tiendra du 25 au 30 avril et célèbrera sa 15e édition. Dans cette interview exclusive, Lamine BA s’entretient avec A’salfo, le leader du groupe Magic System et fondateur du FEMUA, pour en savoir plus sur l'histoire de l'événement et les valeurs qu'il défend. Ils abordent également le thème de cette année, « la sécurité alimentaire et l'agriculture durable, ainsi que la programmation musicale qui s'annonce très riche et diversifiée.
- (Photo) : l'artiste ivoirien A'salfo sur scène.
Bonjour A’salfo ; la 15e édition de votre festival, le FEMUA, se tiendra du 25 au 30 avril prochain ; pouvez-vous nous dire comment cet événement est né, et présenter les différentes valeurs qu’il défend ?
Bonjour Lamine ; Le FEMUA est né autour d’une grande valeur : la solidarité ! C’est elle qui nous a permis (mon groupe et moi) de réussir à Anoumabo, le quartier pauvre qui nous a vus grandir.
L’objectif premier de la manifestation était donc à sa genèse, de retourner chez nous, là où tout a commencé, pour rappeler à ceux qui y sont que, quelle que soit la dimension que pourrait prendre notre carrière, nous serons toujours avec eux.
Mais bien plus qu’une simple visite à Anoumabo, nous avons voulu faire du FEMUA un événement à caractère social. Nous voulions qu’à chaque édition, nous marquions le coup en réalisant quelque chose de concret pour les populations.
Ainsi, nous avons ouvert une école dans le quartier dès les premières éditions, les actions sociales se sont ensuite multipliées. Comme me disait souvent ma marraine : « quand tu prends plaisir à donner une fois, tu ne t’arrêtes plus ».
Nous avons organisé jusqu’à 10 éditions à Anoumabo, avant d’ouvrir la manifestation à toute la Côte d’Ivoire en la rendant itinérante. Nous avons par la même occasion, développé une stratégie pour construire des écoles dans chaque localité visitée.
Le thème du FEMUA 2023 est « la sécurité alimentaire et l'agriculture durable » ; pourquoi le choix de cette question ?
Nous artistes, surtout qui nous faisons le zouglou, avons l’habitude d’interpeller les dirigeants sur les difficultés que connaissent les populations.
C’est cet engagement que nous affichons une nouvelle fois à travers ce thème, après le constat d’une certaine fragilité économique de notre pays.
En effet, les survenues récentes de la crise Covid et de la guerre en Ukraine, nous ont permis de réaliser qu’on était pas si auto-suffisants que ça en Côte d'Ivoire. Nos autorités ont même été contraints de solliciter des denrées de grande nécessité ailleurs.
Avec le FEMUA, nous voulons interpeller nos autorités, mais aussi les jeunes ivoiriens ( avenir de la nation), à se lancer dans l’entrepreneuriat agricole.
Citoyens éco-engagés, nous avons également conscience du fait que l’agriculture, quand elle est mal pratiquée, peut détruire l’environnement ; c’est pourquoi nous militons avec notre thème, pour un entrepreneuriat agricole responsable, qui tienne compte des nouvelles donnes en matière de protection de l’environnement – d’où la notion d’« agriculture durable ».
Nous avons la ferme conviction qu’à l’horizon 2030, notre pays peut atteindre 90% d’autoproduction et donc moins dépendre de l’extérieur.
Quels seront les styles représentés et les artistes invités à cette édition 2023 du FEMUA ?
Nous présenterons la musique africaine dans toute sa diversité ! Il y aura du mbalakh, de la rumba, du reggae et bien d’autres genres encore.
Le FEMUA est une rencontre de créateurs aux tendances et aux générations bien différentes ; du coup nous sommes ouverts à tout.
Une centaine d’artistes joueront pour le grand plaisir des mélomanes qui viendront, mais aussi pour ceux qui suivront à la télévision ou sur les réseaux. Il y aura de la musique pour tous les goûts.
Pour ce qui concerne le line-up, nous avons en tête d’affiche : Booba, Singuila et Baaba Maal, à qui s’ajouteront des artistes locaux bien côtés comme Didi B, KS Bloom, l’étoile Roseline Layo ou encore Safarel Obiang.
Il y aura également des artistes du Togo, l’invité d’honneur de cette édition. La fête sera certainement belle, car nous avons cette saison, une des plus belles programmations de l’histoire du FEMUA.
Parlant du Togo, justement, que se passe-t-il concrètement quand un pays est désigné « invité d’honneur » du FEMUA ?
Nous avons invité le Togo pour renforcer le lien d’amitié qui lie ce beau pays au nôtre ! C’est une relation que nous avons trouvée et qui remonte aux pères fondateurs de nos nations…
Mais en règle générale, inviter un pays au FEMUA, c’est lui proposer de venir y présenter sa diversité culturelle, sa gastronomie, ses atouts touristiques et tout ce qu’il aimerait montrer au public ivoirien et à tous les participants du Festival.
Être invité au FEMUA c’est aussi l’occasion de promouvoir ses artistes et leur donner de jouer devant un public métissé, avec des mélomanes et professionnels qui viennent de toute l’Afrique et du monde.
Il faut dire que le choix du Togo cette année, est aussi un geste de remerciement pour nous envers cette nation qui a joué un rôle important de médiation, dans la libération de 49 soldats ivoiriens qui étaient bloqués au Mali.
Y aura-t-il des événements spéciaux en plus des concerts ?
Oui, il y aura une pluralité d’activités parallèles, notamment la traditionnelle « soirée spéciale » à l’Institut Français de Côte d’Ivoire, mais aussi la « journée du Togo » sur le site même du FEMUA.
Le festival ne se limite pas seulement à la musique ; il y a un volet sportif avec son message de cohésion sociale et d’intégration, mais aussi un volet scientifique avec le « Carrefour jeunesse », qui ouvre un espace de débat aux jeunes sur le thème choisi.
A‘salfo, vous avez entrepris, il n’y a pas très longtemps, des discussions avec SummerStage (États-Unis) ou encore Couleur Café (Belgique) pour organiser le FEMUA à l’international. Cela est-il toujours d’actualité ?
Oui l’idée est toujours d’actualité ; nous avons d’ailleurs entamé une collaboration avec Couleur Café, mais les choses ont été ralenties par la crise de la Covid 19 et toutes les restrictions qu’elle avait causées.
Mais nous envisageons de relancer les discussions non seulement avec ces festivals d’autres continents, mais aussi avec des événements africains.
Nous sommes enthousiastes à l’idée de nouer des collaborations « Sud – Sud » pour du partage d’expérience. Il y a beaucoup de festivals intéressants en Afrique du Sud, de L’Est et de l’Ouest, avec lesquels nous serions vraiment ravis de travailler.
Pour finir, cela fait déjà plus d’un an que vous avez sorti votre dernier album, Envolée zougloutique sous Universal Music ; les fans de Magic System devraient-ils espérer du neuf cette saison ?
Oui, ils auront certainement un nouvel album ! Depuis un moment, nous nous sommes habitués à produire les opus chaque 2 ans.
Pusiqu’Envolée zougloutique va faire 2 ans dans quelques mois, nous pensons sérieusement à sortir une nouvelle œuvre.
Nous allons y travailler et proposer des chansons pour accueillir l’Afrique et tout le monde footballistique qui devrait se déplacer à Abidjan cette année, pour la prochaine coupe d’Afrique de football.
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