L'éducation musicale au Tchad
Le bilinguisme au Tchad permet à chaque personne parlant le français ou l’arabe de recevoir une éducation dans tous les domaines. Cet article présente un aperçu sur la formation artistique et musicale au Tchad.
- Photo: cathedralofhope.org
La musique, absente dans le système éducatif
La formation artistique englobe tous les métiers d'art que ce soient les arts plastiques, le dessin, la peinture, la sculpture, la musique, la danse etc. Cependant, force est de constater que dans le système éducatif tchadien (l’enseignement préscolaire, fondamental, secondaire et supérieur), aucune place n’a été accordé à l’éducation musicale.
L'enseignementde la musique est quasi inexistant dans le pays, qui pourtant regorge un potentiel culturel et artistique considérable. Par manque de formation adéquate, les jeunes artistes tchadiens peine à professionnaliser leur carrière musicale.
L’autoformation des artistes tchadiens
Les grands noms de la musique tchadienne tels Chari jazz, Africa Mélodie, Tibesti, Inch’allah, Soubyanna Music, H’sao, Leul bo, Otentic, Matania, Padjiraï, Clément Masdongar, Diego, Célestin Mawndoé, Sultan, Moussa chauffeur, Achille Baldal, Dounia Danpeur, et Mounira Mitchala, n’ont pas été dans une école de musique, mais se sont formés dans les tas et sont en grande partie des autodidactes.
Le Tchad n’ayant pas un cadre formel de formation musicale, les artistes s’initient à la musique le plus souvent dans une chorale religieuse et ceux qui disposent des moyens financiers vont se former en Europe ou dans d’autres pays africains. Pour devenir musicien au Tchad, il faut tout d’abord être un passionné, ensuite chercher à mettre à jour ses connaissances dans le domaine musical, malgré l’inexistence des écoles de formation.
Les chorales sont devenues des véritables écoles de musique, les artistes qui y sont sortis ont appris les techiques de chant et autres formations utiles pour développer leurs carrière musicales.
Les initiatives privées
L’Institut Français du Tchad, un acteur important dans le secteur culturel tchadien, a vite compris ce besoin en formation musicale. Il organise des sessions de formation en guitare, en batterie et en écriture de texte destinées aux jeunes artistes.
Certains musiciens s’investissent également dans l'éducation musicale. Abdoulaye Nderguet, auteur-compositeur tchadien, soutenu et accompagné par l’école de musique « Réougoss », propose des cours de chant, de compositions musicales, de batterie, de saxophone, de guitare, de piano, aux jeunes de 12 à 20 ans, dans les locaux de la Maison de la culture Baba Moustapha. L’objectif est d’aider l’apprenant à faire des création musicales riches en mélangeant des sonorités tchadiennes avec d'autres styles musicaux.
Certains groupes musicaux de N'Djamena (la capitale tchadienne) mettent leurs locaux et leurs instruments à la disposition de ceux qui veulent apprendre la musique ou perfectionner une pratique déjà acquise. C'est aussi un moyen de dénicher des nouveaux talents, les intégrer dans des orchestres et les faire découvrir au public lors des spectacles.
L’école « Réougoss » qui signifie chemin de l’art en Ngambaye (une des langues locales), est une initiative du Réseau Culturel et Artistique pour la Formation et la Francophonie (Récaf) et de la Maison de la culture Baba Moustapha. L'école veut créer un cadre de formation permettant aux artistes d’approfondir leur connaissance musicale.
Réougoss invite les professionnels de la musique africaine pour donner des cours de chant. Ces experts y répondent favorablement et partage leurs expériences avec les artistes tchadiens. La chanteuse gabonaise Annie-Flore Batchiellilys a été sollicité pour diriger une séance de formation en 2015.
Ces initiatives ont permis aux jeunes musiciens de devenir des artistes professionnels et d’être compétitifs sur le marché du disque qui devient très exigeant sur la qualité des œuvres proposées.
L’appui des autorités locales
L’absence d’éducation demeure un véritable manque à gagner pour l’industrie musicale tchadienne. Face à cette situation, en avril 2014, le gouvernement à travers son ministre de la culture, Abdoulaye Ngardiguina, a posé la première pierre pour la construction de la première école de musique au Tchad. Ce projet a été proposé par le regroupement des danseurs et musiciens professionnels tchadiens.
Cette école ambittionne de former les artistes surplace au Tchad. Plusieurs pays de la sous-région possèdent déjà leurs propres écoles de musique. C’est le cas de l’Institut National des Arts (INA) en RDC, de l’Institut des Arts de Bamako au Mali, de l’école des Beaux-arts d’Abidjan (Côte-d’Ivoire) et de l’African Music Institute à Libreville (Gabon).
La politique nationale du gouvernement énoncé dans le document cadre de la politique culturelle, accorde un grand intérêt à la promotion de la culture. Pour cela, le gouvernement tchadien doit développer des initiatives pour dynamiser le secteur musical, notamment par la mise en place des structures pour l’encadrement des artistes et l'intégration des cours de musique dans les programmes d'éducation nationale.
Source: Tchadinfos : www.tchadinfos.com Institut Français du Tchad : www.institut-francais-tchad.org École de musique Réougoss : https://www.facebook.com/ecolereougosstchad/ Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchad Schoolius: http://www.schoolius.com/school/485761444915396/ECOLE%20REOU%20GOSS%20TCHAD
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