Afrique du Sud: Angélique Kidjo, Ibrahim Maalouf et Anaïs Rosso font vibrer le Joy of Jazz
12 Oct 2026 - 13:54
La 27ᵉ édition du Standard Bank Joy of Jazz a réuni plus de 50 artistes sud-africains et internationaux au Sandton Convention Centre de Johannesburg, les 25 et 26 septembre. Avec notamment Angélique Kidjo, Ibrahim Maalouf et Anaïs Rosso à l’affiche, le festival a offert une belle visibilité aux artistes de l’espace francophone, dans une programmation faisant dialoguer les traditions du jazz avec les sonorités africaines contemporaines.
Angélique Kidjo_SDBJOJ2026
endant deux jours, le public a navigué entre les quatre scènes du festival : Dinaledi, Diphala, Conga et Mbira. Aux côtés de ces artistes figuraient notamment Judith Sephuma, Thandiswa Mazwai, Nubya Garcia, Floetry, Tank and the Bangas, Ola Onabulé, The Brother Moves On et DJ Castro.
La programmation témoignait de la volonté du festival de créer des passerelles entre différentes générations de musiciens et de spectateurs. Des artistes confirmés ont partagé l’affiche avec des talents émergents et des formations aux démarches expérimentales, tandis que le jazz croisait la néo-soul, l’afro-jazz, la house, l’afro-rock et d’autres styles contemporains.
La programmation 2026 a également commémoré le 50ᵉ anniversaire du soulèvement de Soweto de 1976 et le 70ᵉ anniversaire de la Marche des femmes de 1956, reliant ainsi les propositions artistiques contemporaines du festival à des moments marquants de l’histoire sud-africaine.
Angélique Kidjo, Ibrahim Maalouf et Anaïs Rosso à l’affiche
La présence d’Angélique Kidjo, d’Ibrahim Maalouf et d’Anaïs Rosso a donné une résonance particulière à cette édition auprès du public francophone. Leur participation s’inscrivait dans l’ouverture du festival à des univers musicaux et à des parcours culturels variés.
En amont de sa première prestation en Afrique du Sud, Music In Africa a rencontré le virtuose franco-libanais de la trompette Ibrahim Maalouf. Il a partagé son enthousiasme à l’idée de monter sur scène aux côtés de ses amis et collaborateurs de longue date. Évoquant son enfance marquée par la guerre au Liban, il a expliqué pourquoi sa musique est une invitation à faire la fête, particulièrement dans les moments difficiles : une manière de célébrer la vie malgré l’adversité.
Anaïs Rosso a, pour sa part, apporté une touche singulière à la programmation, puisant dans son héritage congolais, guadeloupéen et français pour nourrir son univers musical.
La venue d’Angélique Kidjo à Johannesburg faisait suite à l’attribution récente d’une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Plébiscitée pour son énergie communicative, sa prestation a suscité l’enthousiasme du public. Son concert se déroulait au même moment que celui de Floetry sur une autre scène, obligeant les spectateurs à choisir entre deux têtes d’affiche et accentuant les déplacements entre les quatre espaces du festival.
Des rencontres musicales et des hommages
La deuxième soirée a notamment rassemblé le public autour des prestations d’Angélique Kidjo, de Floetry, de Nubya Garcia, d’Ola Onabulé et de Thandiswa Mazwai.
Tout au long de la soirée, le festival a mis à l’honneur le jeu instrumental en direct : les artistes étaient accompagnés de groupes, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des bandes-son préenregistrées. La participation du public, à travers les chants et les échanges avec les interprètes, a fait partie intégrante de plusieurs prestations.
Thandiswa Mazwai a clôturé cette deuxième soirée en intégrant à sa performance les thèmes historiques du festival. Elle a également rendu hommage au musicien de jazz sud-africain Hugh Masekela.
Plus tôt dans la programmation, Khaya Mahlangu avait salué la mémoire du pionnier du jazz Kippi Moeketsi, établissant un lien entre la génération actuelle d’interprètes et les musiciens qui ont contribué à façonner la tradition du jazz sud-africain.
La programmation comprenait également le concours de DJ #JazzReignited DJ Search. Son lauréat, Jazz Maestro Sbu, a rejoint l’affiche aux côtés d’artistes tels que The Brother Moves On et DJ Castro.
Au fil de ces deux journées, Joy of Jazz a réuni des musiciens confirmés et émergents, tout en s’appuyant sur ses quatre scènes pour faire découvrir au public différentes approches du jazz et des styles musicaux africains qui lui sont associés.
Entre présence francophone, rencontres internationales et hommages aux figures du jazz sud-africain, cette édition a confirmé le rôle du festival comme espace d’échanges culturels et de découverte musicale en Afrique du Sud.
Texte original : Tsholo Moteka Adaptation française et compléments : Patricia Yumba Avec les contributions de : Amahle Mshengu, Sisi Nkabinde, Thembelihle Tshabelala, Samukelo Ngubeni et Khotso Masilela.
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