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Interview de Mustaf, Lauréat de "Visa pour la Création" 2015
Single après single, album après album, tournée après tournée, collaboration après collaboration, Mustaf, lentement mais très sûrement, est en train de poser les fondements d'une carrière musicale qui s'annonce très riche. Actuellement en résidence artistique à Perpignan, dans le Sud de la France, il nous a accordé une interview pour nous parler de ses projets et de son prochain album qui, d'ores et déjà, suscite une très grande attente. Entretien...
- (Ph) Mustaf Facebook Officiel
Bonjour Mustaf, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Bonjour, moi c'est Mamadou Moustapha Mbaye alias Mustaf, artiste chanteur membre de la structure Africulturban à Pikine Dakar Sénégal.
Tu es depuis un mois en résidence artistique en France, peux-tu nous parler de cette résidence, et comment s'est fait le choix sur ta personne ?
Il s'agit d'un programme de l'Institut Français de Paris qui s'appelle Visa pour la Création plus particulièrement destiné aux artistes Caribéens et Africains toutes disciplines confondues. L'appel à candidature a lieu chaque année en septembre. J'ai donc postulé en 2014. La réponse m'est parvenue en décembre. Le choix du jury porte sur le contenu de ton dossier c'est-à-dire ton background, ton actualité et ton projet. Il faut avoir un but bien défini et leur donner envie de te soutenir. Je suppose qu'on m'a choisi grâce à tout ce que j'ai présenté dans ce dossier. Ils ont suivi ma carrière artistique de près. Mon projet c'est mon premier album solo.
En général les lauréats effectuent leur résidence à Paris, au Palais des Arts, mais en réalité on a le libre choix de notre structure d'accueil. J'ai donc fait exception en choisissant de faire ma résidence à Perpignan, dans le sud de la France près de la frontière espagnole, suite à une belle rencontre avec l'équipe de La Casa Musicale, qui est la structure locale dédiée aux pratiques musicales. J'ai été très bien accueilli et l'équipement me permet de travailler dans de très bonnes conditions.
Depuis ton premier album avec ton groupe Baat Sen, tu as sorti un maxi en duo avec le musicien danois DJ Exampler, là on voit que tu as sorti des singles en solo, qu'en est -il de ton premier groupe ? de Fouma System ? Mustaf est -il en solo ?
Après l'album de Baat Sen en 2011, le groupe est resté en stand-by parce que j'ai dû partir en tournée en Europe avec d'autres artistes africains. On m'avait sélectionné lors d'une compilation réalisée à Africulturban grâce à notre festival Festa2H. Ensuite on a eu un décès donc aujourd'hui Baat Sen c'est seulement mon frère Ode et moi. Je me suis investi dans d'autres projets et Ode aussi de son côté. Fouma System est l'un de ces projets. Avec DJ Exampler on a signé en 2014 un contrat avec le label Akwaaba Music lors de la sortie de notre 1er EP Mind Mi Dem. Le deuxième EP est déjà enregistré pour une sortie prévue en 2017 car nous sommes tous les deux occupés cette année sur nos projets et tournées individuels. J'ai donc consacré l'année 2015 à travailler en solo. Je poursuivrai en 2016. Mon but est de sortir mon premier album solo.
Les singles que j'ai sorti cette année plus particulièrement en reggae, sont le résultat d'une collaboration avec Jahdil, le manager de Junior Kelly, que j'avais rencontré à Copenhague. Il m'a donné un riddim pour un projet de compilation. Ce que j'ai posé a été remarqué par DJ Lass : un animateur - producteur sénégalais de Bruxelles, qui gère une émission de reggae qui s'appelle Angel Vibes. Il m'a proposé une mixtape. J'ai donc enchaîné les enregistrements sur beaucoup de riddims. C'est Lass qui gère le rythme des sorties et la promo. Cette collaboration a eu un impact très positif sur ma popularité.
Je sais que tu es en train de collaborer avec des artistes rencontrés lors de la résidence, explique nous un peu ces projets ? A quand ton album solo ? As-tu une maison de disque, ou ce sera une autoproduction ?
Qui dit résidence dit échange, je tenais donc à rencontrer les artistes présents sur ce territoire dans toute leur diversité, pour enrichir ma créativité, et quand ça a été possible, travailler avec eux pour apporter une touche métissée à mon futur album. C'est comme ça que j'ai eu l'opportunité de croiser Tato, l'un des meilleurs représentants de la rumba catalane, qui est une musique typique d'ici. Mon album devrait sortir en fin d'année 2016. En ce qui concerne la production j'étudie les différentes propositions mais je me donne le temps de prendre ma décision.
Ton style musical est très éclectique, mais je sais que tu es proche de la scène reggae sénégalaise, quel regard portes-tu sur cette musique au Sénégal ?
D'après moi le reggae au Sénégal bouge plus qu'avant depuis qu'il est porté par la nouvelle génération. Mais, comme tu le dis ma musique est très éclectique. Même si j'ai fait beaucoup de reggae cette année, ce n'est pas pour autant ma musique de prédilection. Ma musique est assez difficile à qualifier car elle mixe hip hop, électronique et un peu de pop, le tout avec ma touche africaine qui fait son originalité. Comme on l'a lu dans la presse certains disent urban-world, ou encore afro-futuriste. Et je tiens à garder ce style qui fait mon identité et dont je suis l'un des premiers représentants au Sénégal.
Tu es parmi les rares jeunes artistes a tourner presque constamment, comment se font tous ces contacts qui t'ont permis d'aller un peu partout en Europe ? Tu as d'autres dates en vue ?
Depuis mon premier voyage au Danemark en 2011 grâce à la compilation dont je t'ai parlé précédemment, je reçois beaucoup de propositions car ma voix ne laisse personne indifférent. C'est un don, une chance mais surtout c'est beaucoup de travail. Et aussi j'ai autour de moi un staff de professionnels très compétents.
On est à la fin de l'interview, tu aimerais ajouter quelque chose d'autre ? un message ?
On n'a que le temps d'une courte vie sur Terre pour donner le meilleur de nous-mêmes. On n'est que de passage. Donc qui que l'on soit, où qu'on puisse être, et quoi que l'on fasse, c'est très important de bien le faire, de rester positif et de ne jamais baisser les bras. Dieuredieuf Serigne Touba.
Découvrez la playlist de Mustaf
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