Le Jazz, meilleur ami de la musique Gnaoua
30 Avr 2021 - 13:47
Cousines et métissées, toutes deux héritières des traditions musicales d’esclaves en provenance d’Afrique subsaharienne, le jazz et la musique gnaoua portent en elles une dimension spirituelle certaine. Une parenté qui a favorisé, très tôt un dialogue entre les deux univers, donnant lieu à une alchimie particulièrement rétrofuturiste.
Les échanges entre jazzmen et maitres Gnaoui ne datent pas d’hier. Initiés par le pianiste Randy Weston dès les années 1960 à l’aune d’un séjour à Tanger. Sa rencontre avec le grand maâlem Abdellah El Gourd, avec lequel il créera l’African Rythm Quintet, sera déterminante sur le reste de sa discographie. Amoureux de la ville du détroit, il y fonde The African Rhythm Club de 1968 à 1972.
Une fascination pour cette culture, qui rappelle au pianiste et compositeur américain, l’histoire des Afro-Américains, qui donnera naissance à un impressionnant répertoire avec des albums phares tels que « Tanjah » ou des titres à l’instar de « Casbah Kids », « Sahel », « A Night In Medina », « Marrakesh Blues » …
Cet amour inconditionnel de jazzman américain, décédé en 2018, ouvrira la voie à de nombreuses collaborations entre des musiciens du monde et des maâlem gnaoua. Cependant au Maroc cette musique restera marginalisée jusqu’en qu’en 1998, avec la première édition du festival Gnaoua et Musiques du monde.
De ce fait, le festival allait avoir un impact incroyable sur la réhabilitation d’une minorité de descendants d’esclaves, autrefois réduite à se produire dans la rue, presque à la mendicité, devenue aujourd’hui, un véritable phénomène musical reconnu sur le plan mondial.
Au fil du temps et des éditions, les Gnaoua sont devenus de véritables ambassadeurs du Maroc, ils s’envolent chaque année vers des destinations comme New York, Washington, Los Angeles, Londres, Paris, Bruxelles, Berlin, Abidjan ou encore l’Australie.
Depuis, des pointures mondiales du jazz comme Pat Metheny, Didier Lockwood, Marcus Miller, Wayne Shorter, Jamaaledeen Tacuma, et bien évident Randy Weston ont été invités à jouer avec les plus célèbres des mâalems.
D’autres se sont également succédé tels que Pharoah Sanders, Donc Cherry, Archie Shepp, Joachim Kühn, Paolo Fresu, Omar Sosa, Snarky Puppy … les plus grands instrumentistes jazz, qui se sont associés aux maâlems marocains avec un langage commun, celui de l’Afrique Noire.
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